tel est le message délivré Lundi 2 Novembre par les analystes du Gartner Group lors de l’ouverture du Symposium /ITxpo 2009 à Cannes aux quelques 2.600 congressistes européens (dont 900 DSI) venus écouter les 200 conférences déclinant ce thème central.
Bernard LAUR – Consultant - Synthèse Informatique
L’année 2009 aura été rude pour l’économie, les entreprises et les directions informatiques : globalement, la dépense informatique aura baissé de 5,2 %, avec bien sûr des disparités : -16,5 % pour le matériel, -2,1 % pour le logiciel, -4 % pour les télécommunications et -3,5 % pour les services. Certains secteurs ont été plus touchés que d’autres , les Finances et le Transport (avec plus de -8 %) par exemple, alors que le secteur public s’en sort plutôt bien.
Le retour à la croissance de l’économie est en vue, et offrira des opportunités majeures. Le challenge qui attend les DSI est énorme, à savoir tenir les objectifs et soutenir le re-démarrage de l’activité en 2010 et 2011 avec des budgets du même ordre que ceux de 2009, sachant qu’une franche reprise des investissements en Informatique ne peut être envisagée avant 2012. L’année 2010 devrait marquer un retour à une croissance certes modeste de 3,3 % répartis en 4,8 % pour le logiciel, 3,2 % pour les télécommunications, et 4,5 % pour les services, le matériel étant étale (0 %). Le redémarrage ne sera pas le même pour tous les secteurs, laissant à la traîne les industries manufacturières, les services et le transport.
Coûts, risques & croissance
Il s’agira donc d’abord d’équilibrer et de maîtriser les dépenses et les risques en tenant compte de la croissance réelle. Dans ce contexte, quelles sont les pistes de progrès qui devront être explorées ?
Un ré-équilibrage entre investissements (Capex) et dépenses de fonctionnement (Opex) devra être réalisé, qui passera par un allongement de la durée d’utilisation du matériel (avec une augmentation implicite de la prise de risque). La DSI devra également s’engager dans une démarche lui permettant de démontrer quel est son apport réel à la performance « métier « de l’entreprise.
Concrètement, cela passe par de nombreuses remises en cause des équilibres actuels en matière de politique et d’organisation : passer de solutions entièrement en interne et contrôlées à une certaine forme d’autonomie, de solutions internalisées à l’externalisation, de ce qui est dédié à ce qui est partagé, et enfin un gros effort pour passer avec pragmatisme d’approches inutilement complexes à plus d’efficacité en terme d’applications. Les supports techniques de cette maîtrise des coûts iront de l’externalisation classique au « Cloud computing » et à la virtualisation. Une emphase particulière portera sur le management du portefeuille applicatif, qui devra prendre en compte non seulement le coût initial des applications, mais aussi le coût récurrent de leur maintien en condition opérationnelle et devra également s’interroger sur la contribution réelle des applications aux métiers afin de décider de leur maintien ou de leur évolution.
Préparer la reprise
Il faudra donc simultanément être en mesure de soutenir le redémarrage de la croissance et faire en sorte qu’elle profite à l’entreprise en anticipant sur les nouveaux domaines et besoins liés aux métiers et à l’évolution de l’Informatique. Ce qui implique que durant la période à venir, dès 2010, et malgré les contraintes budgétaires, le système d’information devra évoluer .
Les éléments clefs de cette évolution seront fondés (entre autres) sur les premières expérimentations du « Cloud computing», l’intégration des données et la BI (Business Intelligence), l’appropriation du « social media » ( socialisation), la prise en charge du mobile, et une nouvelle approche de la « sécurité », tout en ayant conscience que le contexte de mise en œuvre va dramatiquement changer, certains aspects ayant un impact sur le système d’information comme la contrainte de « compliance » risquant de devenir plus contraignants du fait de la montée de la régulation.
Le « cloud computing », qu’il soit public ou privé, apparait comme la prochaine étape en matière d’externalisation : une offre de services accessible via Internet, s’adaptant aisément à des besoins fortement variables, charges et trafic, à la hausse comme à la baisse (notion d’élasticité), partagée entre un pool de clients et facturée à l’usage.
La maîtrise de l’information et des données sera un enjeu critique , leur pertinence et leur complétude étant en particulier la clef de la relation client et des « business models » à venir, basés sur le traitement analytique des données et les capacités de simulation prospective, la capacité d’analyse instantanée permettant à l’entreprise de réagir vite et bien face à tout évènement
L’appropriation du « social media » pose aux entreprises un challenge nouveau : comment mettre en interne à disposition des collaborateurs des outils d’échange, de communication et de collaboration, du WiKi à la messagerie instantanée, et comment apparaître à l’extérieur, en tant qu’entreprise, comme partie prenante au sein des grands sites et services, de Facebook à Twitter.
Le succès du mobile (smartphone) et son utilisation quasi exclusive dans certaines situations, et par certaines catégories d’utilisateurs, imposera son intégration rapide et performante au système d’information, à la condition (suspensive) d’innover et d’imaginer de nouvelles formes d’utilisation et de services adaptés à ces nouveaux utilisateurs.
Enfin, une nouvelle approche de la sécurité du système d’information devra être formalisée partant du constat que face à l’ouverture du SI, de ses utilisations et à l’explosion des échanges, la philosophie actuelle de verrouillage systématique et exhaustif de toutes les voies d’accès et sortes d’attaques (« château fort ») afin de se protéger contre tout, est une stratégie sans issue et une bataille perdue d’avance. Cette nouvelle approche de la sécurité sera basée sur les notions de « Confiance, Réputation et évaluation des Risques » liés à l’individu et à l’entreprise, par exemple par la mise en œuvre de processus de « notation » des entreprises et des individus par leurs pairs, cette note leur permettant (ou non) d’accéder à certains services et sites.
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